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Éclipse totale de Soleil à Castrojeriz (Espagne) le 12 août 2026

Résumé pour les plus pressés

Fascination totale.

Splendide.

Irréel, incroyable, indescriptible.

L’expérience d’une vie. 1min48 de totalité, l’ombre arrive à toute vitesse sur nous, et, tout à coup, il fait nuit en plein jour, mais encore jour tout autour. Le Soleil devient noir (on peut retirer les lunettes à ce moment-là). Ce n’est pas non plus une nuit totale, la lumière est bleutée, argentée. On voit une couronne de feu dans le ciel. Les sens sont perturbés, sensations très étranges.

On comprend facilement que ce phénomène intrigue, fascine, voire terrifie depuis la nuit des temps. (Imaginez la surprise à l’époque…)

La probabilité de voir une éclipse solaire totale dans sa vie est extrêmement faible. C’était l’occasion d’une vie, c’était relativement proche et facilement accessible. C’était l’évènement à ne pas rater, qu’on soit incollable ou qu’on y connaisse rien, qu’on soit fan d’astronomie ou non, qu’on possède du matériel ou non, il suffisait juste d’y être.

Ça vous a donné envie ?
RDV en 2027 (totale) et 2028 (annulaire). Celle de 2027 sera encore plus exceptionnelle que celle-ci de par sa durée beaucoup (beaucoup) plus longue. La phase totale durera jusqu’à 4min30s dans le sud de l’Espagne et jusqu’à 6min23s dans la vallée du Nil en Égypte. Aucune éclipse sur Terre n’offrira de totalité plus longue avant 2114. Celle de 2028 (annulaire) sera beaucoup moins intéressante.
(+ d’informations ci-dessous, à la fin de cet article)

Les photos

Pour les curieux : si c’est écrit “jpg direct”, c’est que la photo est prise en jpg avec la simulation Classic Chrome et non retouchée sur l’ordinateur. Sinon, c’est que c’est du RAW développé avec le logiciel Lightroom. Seule la photo “chapelet” a nécessité une retouche utilisant Photoshop, pour l’assemblage de toutes les phases de l’éclipse.

Le chapelet

LA photo. Et j’en suis un peu fier.

Une image que j’avais à cœur de réaliser… Très content du rendu pour cette première (beaucoup d’improvisation je dois dire). L’éclipse est complète, de 19h33 à 21h21.

La progression de l’ombre de la Lune

Sur l’image ci-dessous on voit très distinctement la totalité arriver : l’ombre de la Lune arrive par la droite, alors qu’il fait encore “jour” à gauche. Les lumières des éoliennes se sont allumées petit à petit au fur et à mesure de l’avancement de l’éclipse !

L’ombre projetée par la Lune est un cône partant de la Lune à son endroit le plus large et rencontrant la Terre à son bout le plus étroit.

Sur cette image, séparée en son milieu par le Soleil quasiment éclipsé, on voit très bien la partie ombre. Ce “dernier contact” forme un diamant. C’est le tout début de la totalité, nous sommes au bord de l’ombre, qui va se déplacer de droite à gauche.

Animation d’une séquence de 5 photos sur une durée 11s lors de la fin de la totalité (09′, 13′, 14′, 17′, 20′). Notez l’ombre de la Lune se déplacement de droite à gauche de l’image. C’est très rapide !

N.B. : ne ratez pas les photos bonus à la fin de l’article !

L’évidence : direction l’Espagne

Depuis plus d’un an j’avais bloqué la date dans mon agenda. Une éclipse solaire totale sur le continent européen et facilement accessible en voiture ?
Exceptionnel !
C’était immanquable.

C’est un évènement relativement fréquent à l’échelle astronomique mais exceptionnellement rare pour un observateur donné. Une éclipse solaire totale se produit environ tous les 18 mois, tous les 2 à 3 ans pour les annulaires, et ils se produit 2 à 5 éclipses partielles par an. L’ombre projetée de la Lune est très étroite (quelques dizaines à centaines de kilomètres), la probabilité de voir une éclipse est donc très (très) faible. Soit c’est au milieu de nulle part, soit il faut prendre l’avion, le bateau, etc.

Pour l’anecdote, je reçois une semaine avant l’éclipse un sms de ma sœur. Elle est tombée sur la vidéo d’Astronogeek et cela lui a donné envie de faire la route pour avoir l’expérience de la totalité, convaincue que ce sera un moment exceptionnel, l’occasion d’une vie.

Voici une liste des 10 prochaines éclipses totales pour vous donner un ordre d’idée :

  • 2 août 2027 en Espagne, Maroc, Égypte, Arabie Saoudite
  • 22 juillet 2028 en Australie
  • 25 novembre 2030 en Australie
  • 14 novembre 2031 dans l’Océan Pacifique (hybride)
  • 30 mars 2033 en Alaska
  • 20 mars 2034 au Tchad ou au Soudan
  • 2 septembre 2035 en Chine ou au Japon
  • 13 juillet 2037 en Australie
  • 26 décembre 2038 en Australie ou en Nouvelle Zélande
  • 15 décembre 2039 en Antarctique

J’avais raté celle du 11 août 1999 (totale en France), je n’étais pas dans la totalité et les nuages s’étaient invités. À l’époque, je savais seulement que la prochaine éclipse totale en France aurait lieu en septembre 2081, donc je n’imaginais pas franchement pouvoir en voir une de mon vivant.

Il y en a bien eu une totale sur le continent européen entre 1999 et 2026, le 20 mars 2015, cependant il fallait se déplacer au Svalbard ou dans les îles Féroé !

Partielle vs totale

Il y a bien eu des éclipses visibles en France depuis, comme celles du 20 mars 2015, celle du 25 octobre 2022 que j’avais pu observer et photographier, ou encore celle du 29 mars 2025. Mais vous en souvenez-vous ? Est-ce que vous en aviez entendu parler ? Est-ce que ça vous a marqué ?
C’était des éclipses partielles.

Et c’est bien là tout le problème… L’éclipse du 12 août 2026 en France est… partielle ! Donc bien loin de toutes les promesses faites dans les médias et sur les réseaux sociaux. Un croissant de soleil visible dans les lunettes d’éclipse, le ciel qui s’assombrit un peu, et puis… c’est tout. Beaucoup on été déçus et n’ont pas trouvé cela extraordinaire, et je les comprends.
Une éclipse solaire partielle peut passer totalement inaperçue si l’on n’y prête pas attention. C’est invisible à l’œil nu*. La lumière reste forte, elle va perdre un peu en intensité, mais on pourrait prendre cela pour un simple nuage qui passe.
* Sauf : l’image du soleil projetée au sol à travers des feuilles formera un croissant, un indice, un signe visible ! C’est le principe du sténopé, un moyen indirect d’observer l’éclipse. On peut facilement s’en construire un avec une boite en carton.

Pour profiter du spectacle, il fallait donc se rendre en Espagne.

Même s’il y avait 99,5% à Biarritz, les 0,5 point manquant changent tout, c’est, pour ainsi dire, le jour et la nuit ! En restant à Biarritz, on ratait tout malheureusement. TOUT. (Je pèse mes mots.)
Voir des gens qui sont allés exprès à Biarritz me brise le cœur. Vitoria-Gasteiz est à 1h45 de route (1min03s de totalité), Logroño est à 2h20 (1min20s de totalité) et Burgos est à 2h45 de route (1min43s de totalité). S’arrêter si proche du but, tellement dommage.
Pas de totalité, pas de nuit, pas de mur sombre, pas de lumière étrange, pas de couronne solaire, pas d’observation sans lunettes d’éclipse.

Mon but en me rendant en Espagne était premièrement et principalement de pouvoir profiter de la phase de totalité et deuxièmement (et dans la mesure du possible), de réaliser des photos.

L’expérience de la totalité

Pendant une heure la luminosité baisse lentement. Très lentement au début. On ne remarque rien à l’œil nu. C’est en regardant le soleil avec les lunettes d’éclipses qu’on voit le croissant de Soleil se réduire petit à petit. Il est d’ailleurs facile de rater le début si on ne prête pas attention à l’heure.

Il commence à faire un peu plus sombre, et jusque là on pourra croire à un nuage qui passe, voir un coucher de soleil. (L’expérience d’une éclipse partielle s’arrête là.) Mais à quelques minutes, secondes, de la totalité, tout s’accélère. Il se met à faire franchement plus sombre, rapidement. Comme si le soleil était franchement fatigué. On voit au loin un mur sombre s’avancer vers nous. D’ailleurs, les lumières de signalisation des éoliennes s’allumeront les unes après les autres.

Et là, tout à coup, le soleil s’éteint. Un dernier rayon, un dernier sursaut, et la lumière disparaît complètement derrière la Lune. (Beaucoup de cris, d’applaudissement, on sent la joie et l’émotion devant un tel spectacle céleste.)
Ne reste plus qu’une couronne de feu à l’endroit du Soleil.
Le Soleil est noir dans le ciel.
La couronne solaire est bien visible, on voit même des protubérances solaires.
(Pendant cette phase de totalité, on peut retirer les lunettes d’éclipse en toute sécurité et profiter du spectacle.)

La nuit. Une nuit étrange. Il fait nuit mais on voit qu’à l’horizon, de tout côtés, il fait jour. Surprenant, déroutant.

La lumière est douce, bleutée, argentée. Calme.

On voit très distinctement la zone de totalité dans le ciel, cette zone très sombre : l’ombre de la Lune. Elle se déplace de droite à gauche quand on regarde le Soleil.

1 min 48 s

Surréel

Inoubliable

Vidéos YouTube de la totalité

Plan fixe sur trépied avec exposition fixe, c’est à dire que le réglage de la luminosité de la caméra ne change pas. (Nos yeux, eux, s’adaptent.) C’est une excellente vidéo pour se rendre compte de la perte de luminosité progressive, puis totale à la fin.

Très belle vidéo, superbe montage, magnifiques photos

Pour moi LA vidéo la plus incroyable. Le soleil était bas sur l’horizon et cela pouvait rendre l’observation difficile. Comment résoudre le problème ? Sauter en parachute pour l’observer en altitude !
Vidéo TRÈS intéressante : regardez le “mur” d’ombre progresser dans l’image. On voit bien que la zone de totalité projetée par la Lune est peu large. Magnifique.

Le choix du lieu

Ma sœur m’a envoyé un lien vers Osorno la Mayor (une animation/fête y est prévue). Je me balade 15 à 20 min sur Google Maps puis Google Earth pour repérer les alentours. Je vois plusieurs lieux intéressants. Je repère assez vite ce château sur sa colline et je me dis que ça pourrait faire une bonne photo, sans développer plus, en me disant que je verrais sur place, qu’il y a d’autres collines, qu’il y a beaucoup de potentiel pour pouvoir improviser au cas où.

Castrojeriz se trouve à quelques kilomètres de Burgos, en plein milieu de la zone de la totalité (quasiment sur la ligne !), garantissant ainsi l’expérience de totalité la plus longue (1min48s).
Pour l’anecdote, la NASA avait installé son observatoire à Burgos.

J’avais déjà en amont décidé d’aller dans les terres, plutôt à l’est, dans les plaines agricoles. Plusieurs raisons : facilité de déplacement en cas de couverture nuageuse (beaucoup de routes, reliefs/obstacles quasi nuls), horizon dégagé, beaucoup moins de risque de développement nuageux en fin de journée. Se positionner plus à l’est garantissait également une éclipse plus haut dans le ciel et la possibilité de la voir en intégralité jusqu’à la fin. Contrat rempli : À Castrojeriz, le soleil redevient entier pile au moment où il passe visuellement derrière la colline d’en face. Nous l’avons vu du début à la fin dans son intégralité.

Sur la côte, il y avait l’avantage d’être encore plus à l’est et d’avoir un horizon totalement dégagé (= l’océan), mais je trouvais que ça ferait un peu vide sur ma photo. Je craignais également le risque de nuages en fin de journée mais surtout et avant tout une foule (très, très) importante avec ce que cela inclus (difficultés de circulation et de stationnement, etc).

J’aurai aimé intégrer un paysage montagneux, rocheux, mais j’avais peur du développement nuageux sur les reliefs, ainsi que le risque d’être moins mobile en voiture parmi ces reliefs (moins de routes), et de se retrouver avec l’éclipse cachée par un relief.

Aucun regrets du côté de ce choix.
Complètement satisfait. Le point de vue était parfait, le spectacle total, et j’ai pu faire de belles photos.

Pour pinailler, je pourrais dire que je trouve que le château ne se détache pas suffisamment sur l’horizon. J’aurai pu descendre de quelques mètres sur la colline. Cependant chaque mètres vers le bas, ce sont des secondes de soleil en moins.

Making-of

Choix du cadrage

Une heure avant j’avais relevé les horaires, azimuts, et degrés d’élévation pour le début de l’éclipse (C1), la phase de totalité (C2-C3) et la fin (C4).
Il m’a suffit de sortir une boussole pour imaginer la course du soleil (azimuts 273° à 291°) dans le paysage et choisir mon cadrage (qui sera fixe et ne bougera plus).
Avec un début à +19° et un objectif de 23mm qui a un angle de champ vertical de +/- 37° en orientation paysage (capteur APS-C), cela me laisse de la marge pour cadrer la course du soleil et le paysage avec un peu d’espace autour.
Le format “paysage” m’a paru beaucoup plus adapté que le format “portait”.

Il existe bien des applications de réalité virtuelle montrant la course du soleil en surimpression du paysage « en direct » en utilisant l’appareil photo du téléphone mais ça ne fonctionnait pas sur le mien : le Soleil n’était pas au même endroit suivant que je tenais le téléphone en « paysage » ou en « portrait ». La blague. Je faisais donc plus confiance à ma méthode et à ma boussole.

Le plan (l’absence de plan)

Le but premier était de profiter de l’éclipse, le but secondaire de réaliser photos.

En photos, j’avais deux envies :

  • réaliser une belle photo composite (“chapelet”) de toutes les phases de l’éclipse (aucune idée de comment faire, me suis même pas renseigner avant, vive l’aventure…)
  • réaliser une belle photo de la totalité (j’ai un 400m, ça devrait être sympa !)

Pour le chapelet je voulais doubler mes chances et limiter les risques, j’ai donc mis deux appareils sur trépieds (X100F + TCL et XT-2 + XF 23mm f/1,4). J’ai même triplé mes chances en réalisant également le chapelet avec mon 400mm (X-T5 + Sigma 100-400m f/5-6,3).

Il fallait bien penser à retirer les filtres lors de la phrase de totalité, j’ai failli oublier, ma sœur me l’a rappelé.

Je manquais clairement de préparation, autant sur la préproduction (choix du lieu, esquisse du cadrage, essais et répétitions avec le matériel, feuille de route des photos à réaliser, choix du matériel en amont, recherches des réglages à utiliser, etc). C’était un choix plus ou moins conscient, je ne voulais pas partir avec une pression monstre. Je n’avais jamais photographié (ni vu) d’éclipse totale, j’aurai pu me renseigner en amont.

Je me faisais confiance, j’avais confiance en mes capacités, mes capacités d’adaptation et d’improvisation, mes connaissances générales et ma connaissance du matériel pour pouvoir m’adapter et être efficace sur place. Pari très osé (et un peu risqué).

J’ai pris toutes les décisions de prise vue (choix des boitiers et des objectifs, cadrages, choix des réglages, etc) seulement quelques minutes avant le début.

Le matériel

  • Fujifilm X100F + convertisseur TCL (focale 33m) – sur trépied, pour le chapelet
  • Fujifilm X-T2 + 23mm f/1,4 – sur trépied, pour le chapelet
  • Fujifilm X-T3 + Samyang 12mm f/2 – pour les photos d’ambiance
  • Fujifilm X-T5 + Sigma 100-400 – pour le chapelet et la couronne solaire
  • Fujifilm X100V (23mm f/2) – pour les photos d’ambiance
  • GoPro Hero 13
  • Deux filtres “maison” Baader AstroSolar® Safety Film OD 5.0 (30 € la feuille A4), du carton, du scotch, du double face, hop !
  • Deux filtres ND, un ND64 et un ND1000

J’ai dépoussiéré mon X100F et mon X-T2, deux anciens appareils, que je garde “en secours”, et que j’emmène par sécurité sur mes prestations en cas de gros pépin.
C’est avec mon plus vieux appareil, le X-T2, que je réalise ma plus belle photo de l’éclipse, le chapelet.
Comme quoi, ce n’est pas le matériel ni l’âge du matériel qui compte. Le X-T2 (24,3 MP) est sorti en septembre 2016, le X-T5 (40,2 MP) en novembre 2022. Le X100F (24,3 MP) est sorti en février 2017, le X100V (26,1 MP) en février 2020.

Les filtres

Tableau des filtres sur Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Neutral-density_filter#Ratings

Le filtre Astrosolar OD 5.0 laisse passer 0,001% de la lumière. C’est le minimum pour une observation avec les yeux.
Le filtre Astrosolar OD 3.8 laisse passer 0,016% de la lumière. C’est le minimum pour ne pas abîmer les capteurs.
Un filtre photo ND 1000 laisse passer 0,1% de la lumière. Il laisse passer 100 fois plus de lumière. Si vous utilisez ça pour observer le Soleil au lieu de lunettes d’éclipses, adieu vos yeux.
Un filtre ND64 laisse passer 1,563% de la lumière (cf. photo en début d’article où je le tiens à la main).

Points d’améliorations et de réflexions

L’éclipse est passée ! Pourquoi faire une telle liste me direz-vous ? Réponse au prochain paragraphe.

  • Faire des tests avant, une répétition générale
  • Encore plus de chronos pour savoir où on en est
  • Faire une feuille de route de toutes les manipulations et photos à réaliser (on est moins performant dans l’excitation du moment)
  • Activer le faux son du déclencheur pour entendre qu’il prend bien les photos (l’appareil est silencieux)
  • Faire (encore) plus de photos pour le chapelet
  • Activé le mode rafale lors de C2 et C3 pour bien capturer le diamant et les perles de Baily
  • Un deuxième appareil pour le chapelet (même focale) pour ne pas avoir à retirer le filtre lors de la totalité (pour le diamant et les grains de Baily)
  • Activer le bracketing lors des photos de la couronne solaire pour pouvoir faire un HDR (attention vitesse d’obturation très très faible…), je n’ai pas de solution de trépied pour le Sigma 100-400mm (il n’a pas de collier…)
  • Mettre la GoPro en route pour avoir l’ambiance (l’exposition auto compensera l’éclipse) (à vérifier le risque pour le capteur ? Grand angle, pas de soucis ?)
  • Mettre une camera avec l’exposition fixe afin de se rendre compte du changement de luminosité du fait de l’éclipse (À vérifier le risque pour le capteur ? Grand angle, pas de soucis ?)
  • Je suis convaincu qu’il est possible de faire une belle photo « plus large » qu’avec mon 23mm, en utilisant mon 18mm ou mon 12mm. J’avais peur que le soleil soit trop petit dans l’image, que ce soit illisible. Je prévois donc une photo au 12mm lors de la totalité. Suivant le paysage et la hauteur du Soleil dans le ciel, je prévois éventuellement un chapelet ou une photo de la totalité avec le 18mm.
  • Prévoir la logistique et plusieurs sacs à dos pour tout transporter sur le lieu d’observation au cas où on ne puisse pas s’y garer (ce cas de figure avait déjà été prévu pour 2026)

La suite

Et oui… parce qu’il y a une suite ! 2026, 2027, 2028 : nous sommes gâtés, c’est vraiment exceptionnel. Ensuite ? Il sera trop tard et il faudra vraiment voyager loin pour espérer en revoir !

Celle de 2027 sera exceptionnelle de par sa durée lors de la phase de totalité. Celle de 2028 est annulaire, moins impressionnante donc.

Vous pouvez utiliser ce site https://theeclipse.app/fr pour visualiser :

  • le parcours sur le globe
  • une simulation de l’éclipse pour une ville donnée
  • les 5 cartes différentes
  • plein plein d’infos pour planifier vos observations, fouillez le site !

Pour l’éclipse de 2027, il n’y a pas l’option “voir l’horizon” (le soleil sera haut dans le ciel) contrairement à celle de 2026 et 2028. L’option utilisait l’app PeakFinder, dommage, c’était pratique :

2 août 2027 : éclipse solaire totale

Comme je le disais en début d’article, cette éclipse sera exceptionnelle. Celle de 2026 offrait une totalité de 1min48s à son maximum en Espagne. Celle de 2027 offrira jusqu’à 4min30s dans le sud de l’Espagne et jusqu’à 6min23s dans la vallée du Nil en Égypte. Aucune éclipse sur Terre n’offrira de totalité plus longue avant 2114.

En France, l’éclipse sera partielle, de 77% à 60% au sud et de 60% à 43% au Nord. 76% à Perpignan, 68% à Bordeaux, 63% à Chambéry, 60% à Poitiers, 54% à Brest, 51% à Paris, 43% à Dunkerque.

Autant j’ai trouvé qu’il y avait assez peu de monde en 2026 comparé à ce à quoi je m’attendais, autant je pense qu’en 2027 il y aura foule. J’ai peur que ces quelques kilomètres carrés du sud de l’Espagne soient complètement pris d’assaut. On sera serré comme des sardines. Cette année la zone de totalité était vraiment grande, je pense que tout le monde a pu se répartir, réduisant la densité. J’ai croisé toutes les nationalités, allemands, italiens, anglais, belges, français, etc.
En 2027 la bande fera une largeur d’une soixantaine de kilomètres, pour une longueur d’une centaine au plus long et d’une vingtaine tout au sud ! Il n’y a que deux routes principales !

Vous avez un an pour vous préparer et choisir votre pays d’observation !

En Espagne, la totalité aura lieux vers 10h45 (à préciser suivant votre lieu précis), le soleil sera à l’est (95°) et sera haut dans le ciel (38°).

26 janvier 2028 : éclipse solaire annulaire

Lors d’une éclipse annulaire, le Soleil n’est jamais totalement occulté par la Lune : il faut conserver les lunettes d’éclipse. (C’est comme lors d’une éclipse partielle, une partie du Soleil est toujours visible, et il est tellement puissant que même ce petit pourcentage causera des dommages aux yeux ou aux capteurs d’appareils photos.)

C’est quoi une éclipse annulaire ?

L’orbite de la Lune est elliptique, c’est à dire qu’elle n’est pas toujours à la même distance de la Terre. Lors d’une éclipse totale, le diamètre apparent de la Lune recouvre complètement le Soleil. Lors d’une éclipse annulaire, le diamètre apparent de la Lune est plus petit. Le Soleil reste visible, créant un anneau autour de la Lune.

En France, l’éclipse sera partielle, et surtout, le soleil sera déjà sous l’horizon pour la majeure partie du territoire. La façade ouest du pays pourra assister à un coucher de croissant de Soleil, ça peut faire de jolies photos et une belle observation !

Pour l’Espagne, à prendre en compte :

  • les conditions météo à cette époque
  • le soleil sera bas sur l’horizon (coucher du soleil, potentiellement de belles photos aux couleurs chaudes)
  • jusqu’à 7min15s de totalité (Séville)
  • c’est une éclipse annulaire (pas de phase de totalité où il fait “nuit”)

Photos bonus

Le tunnel du Somport

La Voie Lactée après l’éclipse, vers 1h du matin.

Castrojeriz, le lendemain de l’éclipse

Le fort du Portalet et le chemin de la Mure (taillé dans la roche)

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